Eau potable contaminée : une Castelroussine pointe du doigt le bidonville de Déols

En juin dernier, en pleine canicule, 25.000 habitants de Châteauroux étaient privés d’eau potable pendant deux jours suite à la détection de la bactérie Escherichia Coli dans le système de distribution d’eau de la ville. La lanceuse d’alerte Françoise Lerat se pose la question de son origine réelle.

Circulez, il n’y a rien à voir
18 juin 2022, Châteauroux fait les gros titres de la presse nationale et régionale : « l’eau du robinet est contaminée par la bactérie Escherichia Coli ». Tout le pays en parle et les chaînes d’infos diffusent en boucle la distribution massive de quelques 200.000 bouteilles d’eau à la population castelroussine privée d’eau potable. Le parvis de la salle Equinoxe a des allures de pays en guerre. Sur BFMTV, Gil Avérous invoque « une succession d’anomalies » pour expliquer et minimiser la situation. L’édile de Châteauroux affirme que le point de départ de cette contamination est « un dysfonctionnement du système de diffusion du chlore dans l’eau ». Certains « experts » invoquent la température élevée qui conduit à « une prolifération bactérienne dans le réseau » et d’autres rappellent que « le tube digestif des bovins est un réservoir naturel de cette bactérie ». Bref, circulez, il n’y a rien à voir ! Les 25.000 castelroussins privés d’eau potable en pleine chaleur estivale et l’opinion publique sont censés se satisfaire de cette maigre explication. C’était sans compter sur la vigilance de Françoise Lerat, une lanceuse d’alerte castelroussine, qui dans un article publié sur le site ripostelaique.com et intitulé : « Châteauroux : pourquoi est-il interdit d’utiliser l’eau du robinet ? », rappelle que le bidonville tzigane de la Croix-Blanche de Déols est situé à proximité des sources de captage de l’eau destinée aux habitants de Châteauroux. Un bidonville illégal qui aurait dû être démantelé depuis longtemps et qui ne dispose pas des moyens élémentaires d’hygiène et de gestion des eaux usées.

Une contamination rare donc suspect
Dans un article du 18 juin 2022, le site franceinfo.fr nous informe qu’en 2020, seuls 1,8 % de la population française a été alimentée à un moment donné par une eau ne respectant pas les critères de qualité microbiologique. Il y est précisé que ces contaminations bactériennes affectent surtout les petites communes de moins de 500 habitants mais pas les centres urbains. Ainsi, il n’est pas anodin que l’eau de Châteauroux soit contaminée par la bactérie Escherichia Coli. C’est un cas extrêmement rare et c’est bien pour cela que Châteauroux a fait la une des journaux. Il y a eu un grave problème en amont et Gil Avérous ne peut pas l’évacuer d’un simple revers de main avec de vagues considérations. Avant la « succession d’anomalies » dans la détection de la bactérie et le traitement de l’eau, il y a bien une contamination de la nappe phréatique qu’il faut tenter d’expliquer. Ce qu’il n’a pas fait. Le Ministère de la Santé canadien nous apprend que : « Escherichia Coli est une espèce de bactérie qu’on trouve naturellement dans les intestins des humains et des animaux à sang chaud. Elle est présente en grand nombre dans les matières fécales et peut facilement être mesurée dans l’eau, ce qui en fait un indicateur utile de la contamination fécale dans les systèmes d’approvisionnement en eau potable du monde entier. » Nous comprenons donc que la véritable raison de la contamination de l’eau potable de Châteauroux en juin dernier était très certainement la présence d’excréments dans l’eau. Les problèmes de détection ne viennent qu’après.

De forts soupçons pèsent sur le bidonville de Déols
En juillet 2018, la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal) établissait « un état des lieux des bidonvilles en France métropolitaine ». La Dihal n’en a dénombré qu’un seul dans notre département : celui de la Croix-Blanche à Déols. Elle a recensé 160 habitants dont 92 mineurs sur le site occupé par des tziganes depuis des décennies. 160 personnes vivant dans un campement illicite sans assainissement juste au-dessus d’une nappe phréatique de faible profondeur est nécessairement synonyme d’insalubrité. Dans un arrêté en date du 12 juillet 2016, le Préfet de l’Indre de l’époque, Seymour Morsy, établissait des « périmètres de protection rapprochée » afin de protéger la fourni- ture de Châteauroux en eau potable. À l’intérieur de ces « périmètres », il interdisait notamment « le stationnement de caravanes, le nomadisme », mais aussi « toute construction neuve (…) y compris les abris pour animaux » et « l’enfouissement de cadavres d’animaux ». Il prenait cet arrêté en « considérant les risques sanitaires de pollutions biologiques et chimiques des eaux engendrés par les activités menées par la population des gens du voyage implantée en amont immédiat des captages ». Déjà en 2008, son prédécesseur avait signé un arrêté similaire interdisant la pratique du camping sauvage, du stationnement de caravanes et du brûlage de déchets dans le but de « préserver la qualité de l’eau ». S’il est impossible d’affirmer avec certitude que le bidonville de la Croix- Blanche est le véritable responsable de la contamination de l’eau potable de l’été dernier, cette hypothèse reste cependant la plus plausible. Surtout, on s’étonne que cette piste n’ait pas été creusée et qu’elle ne fut même pas mentionnée dans les médias.

Déni et inaction
Dès lors que des membres de la communauté tzigane sont impliqués dans une problématique, on constate que les autorités administratives et politiques sont dans le déni et l’inaction les plus complets. Ni le Préfet actuel, Stéphane Bredin, ni le Président de Châteauroux Métropole, Gil Avérous, n’ont évoqué publiquement les «  risques sanitaires de pollutions biologiques » engendrés par les habitants illégaux de la Croix-Blanche alors qu’ils en avaient la pleine et totale connaissance. Non seulement ils n’ont rien dit, mais ils n’ont rien fait non plus pour mettre un terme à une situation illégale, dangereuse pour la santé publique, et qui malheureusement perdure depuis tant d’années.

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